Jour de tonte - Mohair

Tonte avec André Britis, éleveur saint armou de 250 brebis viande, et Anne Laure Poux, éleveuse chévres angora

Gascogne · France | 2025

Argentique & numérique

Le soleil rayonne, c'est un jour important pour la ferme.

Tout a été préparé depuis plusieurs jours pour apprêter le cheptel, séparer les anciennes chèvres à tondre de celles encore avec les petits, raffraichir les enclos pour sécuriser l'attrapeur (pour amener les bêtes), les tondeurs et les animaux. Aprés un petit café, André et Anne Laure commencent avec chacun une chevre, si possible une plutot calme avec un poil plutot fin pour commencer. Une methode de tonte (methode Bowen) trés minutieuse parce que la peau de la chèvre Angora est très fine, sensible et l'animal anguleux ; il faut donc faire attention aux fausses coupes pour ne pas blesser l'animal ou raccourcir excessivement les mèches, ce qui gâche la qualité du mohair avec un poil trop court et donc trop sensible a la casse dans les prochaines étapes du processus.

Aprés plus de 10 minutes de mouvements delicats et precis, tel une chorégraphie en 41 passes, un trieur collecte la toison entiére et l'etends encore chaude pour separer sommairement les differentes catégories de meche ; les fibres les plus fines, donc les plus douces, réservées pour des articles destinés à être portés à même la peau, appelé le ruban fin. Les fibres les plus gonflantes forment le ruban fort pour le tissage de couvertures et plaids. Une troisième catégorie sera mélangée à de la laine pour donner des produits souples et résistants, appelé le ruban jarreux, pour la confection de tapis, chaussons et gros articles du quotidien.

Comme pour les moutons, la tonte est essentielle à la survie de la chèvre angora car elle participe à l’élimination des parasites externes et à la mobilité. Réalisée dans le respect de l’animal, elle n’est absolument pas douloureuse.

"Au début de mon métier, les gens me donnaient la laine que je tondais, parce que la tonte était néccessaire pour le bien être de leurs animaux. Des petits troupeaux de 17/20 brebis, tout ca avant de m'attaquer aux grands troupeaux. Parce que je savais la valoriser. Et apres plus le temps avancait, moins on vendait de laine, donc moins ce troc fonctionnait... Mais, malgre ca, les gestes eux n'ont pas changé"

André Britis, éleveur de brebis et tondeur

ESTELLE CAUDY

Photographe des savoir-faire de la laine

ESTELLE CAUDY

Photographe des savoir-faire de la laine

ESTELLE CAUDY

Photographe des savoir-faire de la laine